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Zoom sur Gilles Martin-Chauffier - Journal du Goncourt des lycéens 2018
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Zoom sur Gilles Martin-Chauffier

samedi 10 novembre 2018Comité de rédaction

A l’occasion des rencontres régionales de Rennes, notre rédaction a interviewé Gilles Martin-Chauffier, l’auteur du roman L’Ére des suspects.

©Grasset


- Comment avez-vous réagi à l’annonce de la liste du prix Goncourt ?

"Très bonne surprise. C’est bien parce qu’il y a des distinctions qui ne veulent rien dire comme les légions d’honneur que l’on donne a tout le monde. Et puis il y a des distinctions qui veulent dire quelque chose parce qu’elles sont remises par des gens qui font le même métier que vous. Et donc, je trouve que c’est flatteur d’être sélectionné par un jury d’écrivains. Donc, j’étais flatté."

- Pensez-vous avoir une chance de gagner et si oui, quels arguments avancez-vous ?

"Oui, je pense que je suis le seul qui montre vraiment la société française telle qu’elle est. Et, en toute honnêteté, je pense que les filles vont aimer deux ou trois auteurs de la sélection et que les garçons vont aimer mon livre parce que c’est un livre assez brutal, sur la société française et en plus très classique. Un classique dans la littérature française, c’est à dire comme un livre de Balzac ou de Zola. C’est un roman qui décrit son époque avec des personnages. C’est le schéma classique du roman français du 19ème siècle et je pense que chaque peuple a sa propre littérature. Mon livre se glisse un peu dans un cadre qui est le cadre de ce que les français aiment. Après, je dis ça parce que je suis optimiste et que je veux être optimiste, je ne veux pas venir pour rien."

- Avez-vous toujours voulu être écrivain ?

"Quand j’étais enfant, je n’y ai jamais pensé, mais j’ai toujours énormément lu et j’ai toujours aimé lire. Et, quand j’ai fais mon service militaire à 20 ans, j’ai écrit mon premier livre. J’étais en Martinique, je m’ennuyais... Et depuis, j’ai toujours écrit des livres. Donc en fait, je n’y ai jamais pensé avant, mais à partir du moment où j’ai commencé, je n’ai jamais arrêté."

- Est-ce votre seul métier ?

"Non, je suis aussi journaliste. Je suis rédacteur en chef de Paris Match. Je suis journaliste et écrivain. Et, je pense que ça ne pose aucun problème d’avoir deux métiers. Il y a une formule américaine qui dit : « if you want something done, ask a busy person. » Donc, je pense que ce n’est pas parce qu’on a un métier, qu’on ne peut pas écrire des livres. Et si les gens vous disent : « j’écrirai des livres quand je prendrai ma retraite », bah c’est qu’ils n’écriront jamais de livres. Quand on a envie d’écrire des livres, on les écrit tout de suite."

- Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

"Quand on écrit un livre, ce qui est bien, c’est qu’on est tout seul, qu’on écrit absolument ce qu’on veut, on dit ce qu’on veut. Quand on est dans la vie, on doit tenir compte des gens avec qui on est, des gens à qui on s’adresse. Quand on fait un journal, on le fait avec d’autres gens, si on fait de la télévision, on le fait avec beaucoup de gens. Le seul endroit où on est absolument seul et libre de dire et d’écrire ce qu’on veut, c’est le roman. Donc pour moi, c’est le seul espace de liberté complète dans la société moderne."

- Connaissez-vous d’autres écrivains qui sont présents dans la sélection ?

"Oui, je connais Clara Dupont-Monod, je connais un peu Daniel Picouly, j’en connais deux ou trois. J’en connais quelques-uns oui, mais pas bien, ce ne sont pas des copains, ce ne sont pas des gens avec qui je dîne ou que j’invite chez moi ou avec qui je suis allé en vacances. A force, depuis trente ans que je suis dans le métier, on s’est croisé à des tas d’endroits. Clara Dupont-Monod, je l’avais rencontrée au Goncourt des lycéens il y a 4 ans."

- En combien de temps avez-vous écrit votre livre ?

"A peu près deux ans. En général, j’écris mes livres entre deux et trois ans et c’est toujours pareil. Quand je commence un chapitre, je sais ce que je vais avoir dans le chapitre, j’y réfléchis beaucoup. Là, c’est un livre de 15 chapitres et j’ai dû mettre 25 ou 30 mois. J’écris vite, mais j’écris rarement."

- Cette expérience, est-elle enrichissante pour vous ?

"Ce n’est pas enrichissant, mais c’est sympathique. On va un peu partout, et on s’aperçoit que les adolescents ont assez bien lu les livres. Il y a des villes où les gens lisent très très bien et puis c’est sympa d’être avec une dizaine d’écrivains. Ce n’est pas enrichissant, c’est sympa voilà, c’est tout. Je ne pourrais pas vous expliquer pourquoi mais ce n’est pas ennuyeux."