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Le musée imaginaire de Mur Méditerranée - Journal du Goncourt des lycéens 2019
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Le musée imaginaire de Mur Méditerranée

mercredi 27 novembre 2019comiteredaction2019

Le musée imaginaire de Mur Méditerranée, par Yasmine et Soubatra.
Cette critique rédigée par deux élèves du lycée Robert Doisneau est très réfléchie car elles prennent appui sur des oeuvres connues pour expliquer le texte. Le recours à la culture au niveau artistique est très intéressant et rend le texte d’autant plus agréable à lire.

Le racisme : la critique parle dans un premier temps du problème auquel tous les migrants sont confrontés une fois arrivés dans un autre pays.
Œuvre : The Problem We All Live With, par Norman Rockwell.
Contextualisation :
Ce tableau peint par Norman Rockwell dans les années 1960 représente Ruby Bridges, la première enfant afro-américaine à avoir été dans une école réservée aux enfants blancs. Chaque jour, elle était escortée par quatre agents fédéraux pour la protéger. Elle subissait des humiliations telles que des insultes raciales (sur le second plan du tableau est écrit « nigger » que l’on peut traduire en français par « négro ») ou encore des objets jetés (on observe que sur le tableau sont dessinées des tomates écrasées).
Interprétation :
Ce tableau exprime la haine et le rejet des personnes différentes, ici il est question d’un rejet racial. Mur Méditerranée traite évidemment du racisme des Occidentaux envers les réfugiés, mais également du rejet qu’éprouvent les réfugiés entre eux du fait d’ethnies ou croyances différentes ou au sein d’une même communauté.

L’immigration : ici on rappelle que les migrants restent des êtres humains à la recherche d’une vie meilleure.
Œuvre : Radeau de la Méduse, par Banksy.
Contextualisation :
Cette oeuvre de Banksy faite sur un des murs de la ville de Calais en 2015 est un pastiche du tableau éponyme de Théodore Géricault. Il a utilisé le radeau d’origine et a ajouté la mer et un bateau tournant le dos au radeau.
Interprétation :
L’immigration est un thème très important dans Mur Méditerranée. La façon dont se tiennent les personnes sur le radeau naufragé évoque la posture de Marianne dans La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix ; c’est une façon de montrer que les « migrants » ont également des valeurs, des vies à défendre et des ambitions. Le bateau tournant le dos aux naufragés montre l’indifférence de certains pays vis-à-vis de ces êtres humains, sous prétexte qu’ils seraient nombreux, alors que si on cache la partie inférieure du radeau (celle qui est sous la mer donc), on remarque que plus de la moitié ont déjà péri.

Les préjugés : une fois arrivés, les migrants se font souvent catégoriser à cause de leurs différences.
Œuvre : Saviez-vous que les musulmans terminaient leurs prières par Amen, comme les chrétiens et les juifs ? par Combo CK.
Contextualisation :
Cette œuvre de Combo CK est également une œuvre de street art. Elle est composée d’un texte écrit à la bombe en anglais (afin de passer le message à plus de personnes) à côté d’une affiche le représentant. Ces œuvres, contrairement à Banksy, sont effacées par la mairie dans les jours qui suivent, si elles n’étaient pas déjà dégradées par des particuliers. Combo CK est un artiste français qui veut défendre non pas les religions, mais les personnes victimes des préjugés de leur religion (formulation retrouvée dans ses rares interviews). Malgré l’existence d’un site web où il montre certaines de ses œuvres et se décrit personnellement, on trouve très peu d’informations à son sujet.
Interprétation :
Cette oeuvre rappelle les injustices découlant des préjugés.
Une personne est placée dans une certaine « catégorie », et les actes commis par cette personne affecteront tous ceux de cette « catégorie ». On juge par classification. Cela peut être la religion mais aussi bien l’ethnie, le genre, l’orientation sexuelle, voire l’âge. Ces jugements peuvent entraîner des préjugés et par la suite du racisme voire du sexisme, ce qui rejoint le premier thème.
Dans le livre, on peut apercevoir par-ci par-là des marques d’appartenance sans aucune raison apparente (« la Nigériane », « le musulman », « serrant sa croix », etc.) ce que l’on a interprété comme notre vision des autres individus où nous prenons en compte, inconsciemment parfois, ces différents caractères.

Les abus sexuels : en arrivant dans un nouveau pays, les migrants sont très naïfs et restent les proies parfaites pour les personnes malveillantes
Œuvre : Susannah and the Elders, par Artemisia Gentileschi
Contextualisation :
Le tableau reprend le mythe de Susannah, une jeune fille partie se baigner seule. Lorsqu’elle eut fini, Susannah sortit du lac. Deux satyres qui l’observaient alors se dirigèrent vers elle et lui demandèrent d’avoir une relation sexuelle avec eux, Susannah refusa. Ils la menacèrent de l’accuser d’un crime quelconque ou d’un adultère. Susannah refusa encore. Quelques jours plus tard se tint le procès de Susannah, l’accusant d’avoir eu une relation ambiguë avec un jeune homme. Les deux satyres disaient être témoins de la scène, mais lors de leurs témoignages, ils se trompèrent d’arbre derrière lequel Susannah était censée être allée rejoindre l’éphèbe. L’un disait l’avoir vue derrière un bouleau et l’autre derrière un chêne. La différence entre ces deux arbres étant tellement flagrante, on décida que les satyres mentaient et Susannah fut libérée.
Interprétation :
Dans ce mythe, Susannah n’est vue que comme un objet de désir par les satyres. Dans le livre, les passeurs utilisent les « migrantes » comme des objets sexuels, simplement présentes pour leur plaisir et ceux d’autres encore. On ne leur donne pas le droit de discuter. Pour ce qui est des hommes, les passeurs les forcent à se sodomiser entre eux afin, selon eux, de les humilier.

La liberté : même dans les situations les plus délicates les hommes n’oublient pas une des valeurs les plus fondamentales pour l’homme.
Œuvre : Go down to Nineveh, Jonah !, Gospel traditionnel.
Contextualisation :
C’est un gospel traditionnel, traitant d’un passage de l’Ancien Testament où Dieu aurait demandé à Jonah d’aller prêcher au peuple de Nineveh.
Interprétation : (informations limitées et/ou ambiguës afin d’éviter tout spoil)
A la fin du livre, les réfugiés se retrouvent dans la cale d’un bateau. Ils ont du mal à respirer car la trappe du haut est fermée. Ils sont à bout de force et de l’eau commence à entrer dans la cale. Les migrants décident alors de se lever et d’essayer d’ouvrir la trappe. Pour se donner du courage, Chochana, une des survivantes, commence à chanter ce gospel, suivie bientôt par les autres. Ils chantent ce gospel pour se donner du courage pour la route à suivre, se donner de la force et s’unir autour d’une seule et même ambition : vivre.

Pour le comité de rédaction, Mousslimati.